CATEGORIE PAR ARCHIVE : Oratoires & chapelles

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Chant pour une nouvelle porte

CATEGORIE : Oratoires & chapelles

Grâce à la complicité du Groupe de chants polyphoniques VOCE DI L’ALPE, une série de concerts ont été offerts au public en saison, et ils ont permis à l’Association MH&P de rassembler les fonds nécessaires pour faire une nouvelle porte à la chapelle au Baptieu.

L’artisan local, au terme d’un brillant travail, a dupliqué à l’identique l’ancienne porte.

Travaux de pose en cours

Vue Intérieure

Cette dernière reste visible à l’intérieur de la chapelle pour tous les visiteurs curieux.

Ancienne porte exposée à l’intérieur de la Chapelle du Baptieu

Nous remercions vivement le public pour tous les soutiens reçus, ainsi que le Groupe VOCE DI L’ALPE pour sa généreuse participation à notre projet de restauration.

https://contamines-patrimoine.org/?tribe_events=groupe-voce-di-lalpe


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Les quatre chapelles historiques

Avant la construction des chapelles, les familles élevaient des autels particuliers dans les églises afin de faire dire des messes pour leurs défunts. Mais devant certains abus (disputes entre enfants de chœur, chantres, messes chantées simultanément qui se gênaient…), Mgr Fichet, évêque d’Annecy ordonna leur disparition en 1471. Si les familles voulaient poursuivre ces formes de dévotions, elles devraient construire des chapelles dans les hameaux, où auraient lieu des messes fondées, célébrées par des vicaires préposés à ces offices.

Dans l’univers montagnard du XVIIIème siècle, le culte des Saints est très important, les chapelles sont donc placées sous le vocable d’un saint guérisseur ou protecteur. Ce sont des lieux de prière, où l’on demande leur protection. On y dit aussi des messes pour les proches disparus… Il est néanmoins impossible d’y célébrer la messe dominicale, ni d’y recevoir aucun sacrement. En effet, cela aurait sous-entendu un risque d’indépendance vis-à-vis de la paroisse.

La chapelle du Baptieu en hiver

Le plus souvent, les chapelles furent fondées à partir de legs, dons, ou fortunes du négoce. Le décor baroque y est présent : retables, tableaux à la gloire des Saints protecteurs… Nous supposons que c’est l’œuvre d’artistes du Val Sesia. Quant à la construction de la bâtisse, c’est sans doute le travail d’artisans locaux qui ont imité le savoir-faire des constructeurs d’églises paroissiales.

Sur la Mappe Sarde du 18ème siècle, quatre chapelles sont indiquées sur le territoire actuel des Contamines-Montjoie. Deux ont disparu : aux Cours, entre le Chef-lieu et la Frasse, et à la Berfière. Il ne subsiste aujourd’hui que celles de la Chapelle et du Baptieu.

A l’église paroissiale de la Sainte Trinité, on peut voir un tableau « Christ en croix entouré de saints » provenant de la chapelle de la Berfière, tableau inscrit aux Monuments Historiques :

Il s’agit ici de l’unique vestige de la chapelle de la Berfière.


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RESTAURATION : Oratoire Saint Michel au Chon

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Cet oratoire, daté de 1859, est dédié à Saint Michel, comme l’attestent les lettres gravées dans le tuf à gauche.

Un siècle plus tard, l’oratoire est porté disparu, renversé par quelques garnements !

Il sera remis en place, cimenté sur le bloc, par le garde-forestier Mr Bottineau dans les années 1980.

Il se trouve au sommet du Chon, sur le bord de l’ancienne route qui conduisait à l’Etape (les Tappes plutôt !), peu avant d’atteindre le plateau de la Chaz.

En 2016, l’association Mémoire, Histoire et Patrimoine des Contamines-Montjoie décide de le réhabiliter :

– nettoyage des abords

– réparation du tuf abimé, joints et enduit de chaux teintée à l’ocre

– réalisation et mise en place d’un bas relief en pin cembro ou pin d’arolle, représentant l’archange Michel terrassant le dragon

L’archange Michel (avec Raphaël et Gabriel) est célébré par les 3 religions monothéistes. Son nom signifie « qui est comme Dieu ». Chef de la milice céleste, il terrasse le dragon qui représente le diable, le mal. Il est aussi juge et guide du salut des âmes au jugement dernier.

Les initiales PEF (à droite) et MP (à gauche) désignent sans doute les commanditaires, peut-être Parent Eugène François et Michel Parent ?

On remarque une discrète coquille St Jacques gravée dans le tuf au fronton de l’édifice.

« Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat ; soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon. Que Dieu lui fasse sentir son empire, nous vous en supplions. Et vous, prince de la milice céleste, repoussez en enfer, par la force divine, Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes. Amen »  (Prière du pape Léon XIII en 1884)

L’association s’est rassemblée autour de l’oratoire le 3 juillet 2016 pour fêter sa rénovation.

Enfin, une croix est ajoutée à l’édifice.


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La chapelle du Baptieu

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Nous sommes en 1679 – Louis XIV règne sur la France, la Savoie est sous l’autorité de Victor-Amédée II (1675-1730) qui gouverne à Turin, laissant une certaine autonomie (de jour en jour plus restreinte) au Sénat qui siège à Chambéry.

Le village du Baptieu – dont le nom ne vient pas de « Baptisterium » comme voulaient le faire croire de vieilles chroniques, mais plus prosaïquement d’un battoir à chanvre qui s’y trouvait, possède une chapelle (voir article sur les chapelles).

Cette chapelle est la plus ancienne chapelle de la paroisse, bâtie sans doute, au XVème siècle par la famille Charvey. Elle est placée sous le vocable de Sainte Marie-Magdeleine, patronne des filles repenties, et Saint Georges, patron des cavaliers, militaires et chevaliers. Elle est reconstruite sous l’épiscopat de Mgr d’Arenthon d’Alex en cette année 1679 : un acte notarié rapporte que la chapelle a besoin de réparations.

Lisons cet acte notarié du 3 novembre 1679 : « Comme ainsi soit que la chapelle assise au Baptieu, fondée sous le vocable de Sainte Marie Magdeleine, soit tombée presque en ruine et que, à faute de fondateurs et recteur d’icelle (qui) seraient mis en devoir de faire les réparations nécessaires de la dicte chapelle, Mgr de Genève, à sa dernière visite, avait ordonné que, faute des sus-nommés fondateurs et recteurs, fassions les dites réparations dans les trois mois après la dite ordonnance… ».

Deux habitants du Baptieu se présentèrent pour entreprendre et mener à bien les travaux : « honorable Pierre Raddaz ; et Nicolas, fils de feu Nicolas Laisné Callamard ». On leur fournira les matériaux, et ils devront avoir achevé les travaux le 16 juillet 1680. Il y aura un « plancher dessus à cinq pans, à forme de celui de l’Eglise de Saint-Nicolas ». La couverture sera en tavaillons. Ils seront payés « vingt sols, monnaie de Savoie, par chacune journée, payables en deux tournées, la première à moitié besogne faite, et l’autre moitié la dite besogne parfaite ». A l’époque, la monnaie en cours était le florin, qui se divisait en douze sols, lesquels en douze deniers… Un bon poulet valait quatre sols.

La chapelle comprendra une tribune, chose assez rare dans une chapelle et une couverture en tavaillons, aujourd’hui disparue. La façade comporte un oculus et une porte à barreaux. Un clocheton en bois, et sa cloche de bronze dominent la chapelle. On peut y voir trois objets religieux remarquables : une statue de Sainte Marie-Magdeleine du XVIème siècle, une de Saint Sébastien du XVIIIème siècle et un crucifix d’art populaire.

Christ naïf

Christ naïf

 

Sainte Marie-Magdeleine

Sainte Marie-Magdeleine

La cloche originale a subi la réquisition imposée par les autorités révolutionnaires en 1793, la Savoie étant alors sous domination française, comme le relate le conseil communal du 28 octobre 1793 :

« … De la nous somme venu à la chapelle du Baptieux ou nous en avons trouvé une pesant environ quatre vingt dix livres portant en inscription le millésime de mil six cent huitant un et le noms de Joseph Revilliod et Michere Galliard sa femme … »

La cloche actuelle sera fondue en 1846 :

La cloche du Baptieu et ses inscriptions

La cloche du Baptieu et ses inscriptions