CATEGORIE PAR ARCHIVE : Mémoire

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Les colporteurs

CATEGORIE : Histoire , Mémoire

« Ils prennent la route…

… parce que les terres sont terriblement morcelées, que les familles sont nombreuses et qu’en hiver ce sont autant de bouches en moins à nourrir, que la neige vous embourbe six mois de l’année, qu’il faut de l’argent pour se marier avec une fille qui a des terres…

… mais aussi pour échapper à la famille avec ses traditions enfermantes, ainsi qu’aux âpres paysages tourmentés de la montagne et courir l’aventure. »

(Michel Etievent « Fils d’usine »)

Au XVIe siècle, l’émigration marchande est déjà un fait marquant du Val Montjoie. Les colporteurs partent vers les terres alémaniques (Allemagne et Autriche) où ils font commerce de mercerie, textile, quincaillerie, papeterie, images pieuses… Quelques uns s’installent définitivement dans des villes telles que Vienne, Munich, Strasbourg, Varsovie… où ils deviennent « marchands bourgeois« . Ils n’oublient pas pourtant leur village dont ils améliorent, par leurs dons, la vie locale et le financement des édifices religieux.

Le départ

En fonction des exigences agricoles, des dates de foires et de la composition de la maisonnée, il a lieu entre fin août et novembre.

Les dates de retour montrent que les besoins du commerce l’emportent sur ceux de l’agriculture puisque beaucoup ne rentrent pas pour les premiers travaux des champs.

L’approvisionnement

D’abord chez les émigrés ayant ouvert boutique, en empruntant tout ou partie des marchandises. Puis le reste des acquisitions se fait chez un fournisseur avec qui au fil des ans se sont créées des relations particulières de confiance.

A l’occasion, ce même fournisseur est aussi banquier .

Le financement

Dans le village, le colporteur a des terres et des créances qui lui ouvrent les portes au crédit urbain.

Achat et vente à crédit par paiement différé sont un gage de relations entre le colporteur et sa clientèle, qui ouvrent peu à peu les portes des villages. La dette est une assurance de retrouver la clientèle l’année suivante.

Il en est de même avec le fournisseur ! En théorie, le colporteur achète à crédit en automne, crédit qu’il remboursera au printemps à son retour de campagne.

« La fortune du colporteur est une fortune de papier qui se compose de créances sises sur d’autres créances. »

Le fonctionnement

L’entrée dans la profession se fait par apprentissage en accompagnant un parent ou une connaissance de la famille, et cela très jeune : neuf-dix ans pour certains, ce sont des « porte-balle ».

Les nouveaux venus sont ainsi parrainés par les anciens auprès des fournisseurs avec lesquels ils feront affaire plus tard.

Au bout de quelques années, certains louent une boutique et même installent une ou plusieurs échoppes dans les villes de tournée.

Une faillite ne décourage pas ces nouveaux sédentaires qui n’hésitent pas à reprendre la route pour de nouvelles affaires.

Proches des gens du voyage, les colporteurs sont souvent soupçonnés, présumés délinquants et jalousés par les commerçants traditionnels qui redoutent ces concurrents. Cependant ils sont attendus par la gent féminine qui voit en eux des passeurs de coquetterie et des messagers de la mode. En tant que voyageurs célibataires, source de péché, le clergé dénigre dans sa totalité cette catégorie d’individus peu recommandables.

D’après les travaux de Laurence Fontaine « Histoire du colportage en Europe XVe -XIXe siècle »

De ferme en ferme, par chemins creux, marchés et foires dans les villages,
Avec sa balle sur son dos, il apportait rêve et bonheurs
Quand il roulait dans la campagne.

On avait peur de l’étranger, mais il avait tant de nouvelles,
Tant de trésors à partager, qu’on l’attendait, le désirant,
Comme, après l’hiver, le printemps.

Quand il sortait de ses tiroirs ses beaux rubans et ses dentelles,
Tous ses bijoux et ses miroirs, larges ceintures et bretelles,
Couteaux, cravates et médailles, images pieuses et quincailles,
Les filles d’auberges, les paysans, les domestiques et les manants
Avalaient tous ses boniments et lui prenaient sa pacotille.


Parti des mois sur la grand route, abandonnant femme et enfants,
Gagnant petit, vivant de rien, suspect partout pour les gens bien,
Bravant dangers, et aventures, il n’avait pas la vie facile,
Joseph Marie le colporteur.

André Garcia

Pour d’avantage d’information, notre brochure :


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la mappe sarde

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Au Centre Culturel de la Gorge, le vendredi 18 septembre 2026, 18h30

Établie entre 1728 et 1738, sur ordre de Victor-Amédée II, c’est le premier cadastre européen, destiné avant tout à moderniser le système fiscal. Plus de 100 géomètres ont relevé toutes les parcelles sur 640 communes du duché de Savoie, établissant une carte colorée et légendée de grande précision. Chaque parcelle, repérée par un numéro, est répertoriée dans un registre indiquant le propriétaire, la surface, la nature et la valeur du bien.

La mappe sarde offre aux historiens un précieux outil d’étude du patrimoine foncier, hydraulique et humain du début du XVIIIe siècle.

Sébastien Savoy est enseignant à l’université Savoie-Mont-Blanc, docteur en histoire (auteur d’une thèse sur le cadastre sarde), membre de l’Académie Savoisienne. Avec des exemples tirés des mappes locales, il nous montrera comment ce cadastre a été construit et comment il a influencé durablement la vie des communautés savoyardes.

AU PROGRAMME DU CENTRE CULTUREL… lors de la permanence assurée les samedi 19 et dimanche 20 septembre, pour les Journées du Patrimoine, au Centre Culturel, de 15 h à 18 h, vous pourrez visionner les vidéos sur l’art baroque, les panneaux sur l’histoire du site et de son église, et découvrir et acheter les magazines et livres édités ou réédités par l’Association Mémoire, Histoire et Patrimoine des Contamines, à savoir la collection des Magazines liés à l’histoire des Contamines et son évolution, le livre  » Contamines en Confidence » complété par René Bouvier et l’Album des Fermes et Bâtisses des Contamines !


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Journées Européennes du Patrimoine – 20 septembre 2025

Après la première phase de travaux (drainage, calades, parvis), le chantier de l’église Sainte Trinité est dans sa phase 2 : restauration du clos-couvert, charpente et couverture. A l’occasion des JEP, nous avons pu montrer le travail des architectes du patrimoine (Archipat) et des charpentiers (Sté Beaufils), qui nous ont permis de constater l’état de dégradation de la charpente et la nécessité de cette rénovation.

Cécile, notre guide du Patrimoine, nous a plongé dans l’histoire du site, du château de Montjoie à l’émancipation des Contamines en 1751-1758, aboutissant à la construction de l’église baroque.

Avec le magnifique accompagnement musical au saxophone de Maëlle !

En images :


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Vous avez dit baroque ?

Au nouveau Centre culturel de la Gorge, au dessus de la vieille auberge, venez découvrir l’histoire du site de la Gorge et de son église baroque, à travers notre exposition permanente en 9 panneaux, dont voici le premier :

Une superbe vidéo, réalisée par Colette Deremble, historienne de l’art, vous guidera dans la compréhension intime de l’art baroque de nos vallées de montagne.


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Des Alpes aux étoiles

L’équipe d’installation de l’expo extérieure à la Gorge :

Du parking à l’église, promenade les yeux grands ouverts !


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Patrimoine revisité par l’IA !

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CATEGORIE : Mémoire , Non classé , Patrimoine

🥹 Le passé de notre village revit le temps d’une minute… Voyagez au début du XXe siècle, aux Contamines-Montjoie, grâce à ce petit film d’images d’archives animées par l’IA.

Travaillant sur un projet vidéo autour du village, en animant et sonorisant quelques vieilles photos, je me suis dit que ça valait le coup d’en faire un petit montage à partager avec vous !

Visages oubliés, gestes simples, regards d’autrefois… Attention, ça peut faire verser sa petite larme.

Des images qui témoignent de la richesse de notre histoire et de notre patrimoine, et qui nourrissent aussi la réflexion sur ce que notre village est aujourd’hui et ce qu’il pourrait devenir demain.

Si vous reconnaissez des personnes, n’hésitez pas à partager leurs noms en commentaires. Merci !

Merci à Basile Dunand pour cette création originale, alliant passé et futur…


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Une pierre historique

CATEGORIE : Histoire , Mémoire

L’éruption du Tambora en 1815 est l’une des éruptions volcaniques les plus puissantes de l’histoire moderne. Situé en Indonésie, le volcan a projeté une quantité massive de cendres et de gaz dans l’atmosphère, affectant le climat mondial pendant plusieurs années. Les conséquences de cette éruption ont été ressenties à travers le monde, y compris dans les Alpes.
L’année 1816, souvent appelée « l’année sans été », a été marquée par des conditions climatiques extrêmes dans de nombreuses régions, y compris les Alpes. Les températures ont chuté de manière significative, entraînant des gelées tardives et des chutes de neige inhabituelles en été. Ces conditions ont eu des répercussions désastreuses sur l’agriculture. Les récoltes ont été dévastées, entraînant pénuries alimentaires et famines.

Merci à Messieurs SCHNEITER, résidents du Cugnonnet, de nous avoir rappelé l’existence de cette pierre, témoin venu d’un passé lointain, de l’avoir conservée, longtemps cherchée… et finalement retrouvée au fond d’un vieux grenier !


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Cloches aux Contamines

CATEGORIE : Mémoire , Patrimoine

Nous devons à Hugo G. un travail remarquable d’inventaire et de vidéo sur les cloches des Contamines et les édifices qui les abritent : le cimetière, l’église Ste Trinité et celle de Notre-Dame de la Gorge. Hugo est un passionné d’art campanaire, originaire de Moselle, qui réalise nombre de reportages, diffusés sur sa chaîne YouTube « les cloches mosellanes » :

https://www.youtube.com/@Lesclochesmosellanes

Tout à fait étonnant, Hugo n’a que… 15 ans !

Un grand bravo et un grand merci à lui d’enrichir la connaissance de notre patrimoine.

Voici les liens pour visionner les vidéos réalisées aux Contamines en février 2025 :

Le cimetière : https://youtu.be/yCFRAFHzvEQ

L’église de la Trinité : https://youtu.be/8Qsvb4mFCY8

La Chapelle Notre-Dame de la Gorge : https://youtu.be/4iDrItFdDec

Sous chaque vidéo, vous trouverez des informations techniques sur chaque cloche.

Un album photo est également disponible :

https://photos.app.goo.gl/hTEKj1HnYmAaKkLR8


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Album photo : 160 fermes et bâtisses aux Contamines-Montjoie

CATEGORIE : Histoire , Mémoire , Patrimoine

Un témoignage précieux de notre patrimoine bâti aux Contamines-Montjoie

Nous sommes ravis de vous présenter un travail exceptionnel de documentation photographique réalisé par Jacqueline Mermoud. Ce projet ambitieux s’appuie sur un recensement minutieux des fermes et bâtisses de notre commune, établi par Nicole Demargne, et constitue un véritable témoignage de notre patrimoine architectural.

De octobre 2022 à décembre 2024, Jacqueline Mermoud a sillonné le territoire des Contamines-Montjoie pour capturer en images les 160 fermes et bâtisses historiques de notre village. Chaque cliché révèle l’histoire et l’authenticité de ces constructions, témoins du passé et du savoir-faire local.

Nous adressons un grand merci à Jacqueline Mermoud pour son regard attentif et talentueux, ainsi qu’à Nicole Demargne pour son travail de recensement méticuleux. Grâce à leur engagement au sein de notre association, notre commune conserve une mémoire visuelle précieuse de son héritage architectural.

Des erreurs ou des oublis ont pu se glisser dans cet album, vous pouvez nous les signaler si vous en remarquez.

N’hésitez pas à découvrir ce travail remarquable, et à en parler autour de vous !

Pour visionner les photos, cliquez ci-dessous :


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Scierie du Plan du Moulin

CATEGORIE : Mémoire , Patrimoine

Déjà répertoriée au XVIIIe siècle, la force motrice était hydraulique : une bédière (bédzère en patois), petit canal de dérivation, amenait l’eau du Bonnant, en alimentant successivement un moulin puis la scierie :

Cadastre de 1901

L’eau fait tourner la roue, qui entraîne l’arbre et le système bielle manivelle. La scie est alors battante, elle monte (à vide) et descend (en sciant), le tronc avance lentement sur un chariot lui aussi mu par l’arbre principal.

Propriété de la famille Hottegindre depuis 1899, elle sera électrifiée en 1944, en compensation de la prise d’eau de Tré-la-Tête qui dérivait une partie du débit du Bonnant vers le barrage de la Girotte en Savoie. La lame est maintenant à double denture, pour scier dans les deux sens, un sciage sur une longueur de 4 m demande environ 3 min.

La battante en action
Le scieur André Hottegindre dit Ded
La battante et son chariot

Une scie à ruban plus moderne permet de scier beaucoup plus rapidement et sur des pièces de plus grande longueur :

Savez-vous pourquoi une planche ordinaire fait 27 mm d’épaisseur ?

Réponse : c’est une survivance de l’ancien régime, avant l’invention du système métrique : un pouce français = 27,07 mm (un douzième de pied, le pied de Charlemagne !). Ne pas confondre avec le pouce anglo-saxon qui vaut 25,4 mm.

Merci à Ded pour cette visite très intéressante !